rien que pour lui

Publié le par Le Manchot épaulard

 

 

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Thomas, petit blondinet de 5 ans, venait d’emménager dans cette grande ville anonyme avec sa maman. Son papa était parti et Thomas savait que désormais il ne le verrait que de temps en temps. Il en avait gros sur le cœur et versait de chaudes larmes tous les soirs. Maman disait que tout irait bien, qu’il se ferait de nouveaux copains à la rentrée mais pour l’instant Thomas se sentait bien seul.

Sa mère aussi souffrait de la solitude, tout en se réjouissant de sa nouvelle liberté, comme elle se disait. Elle avait trouvé un petit deux pièces au centre ville, près des commerces et pas loin de l’école primaire où elle avait inscrit Thomas sur le registre pour la rentrée. Elle chercherait un emploi dès le mois de septembre mais pour l’instant elle était satisfaite de sa nouvelle vie.

Devant le chagrin de Thomas elle lui avait acheté un petit vélo d’occasion, trouvé sur le Bon Coin, et tous les matins ils partaient au parc pas trop loin de leur immeuble, dans l’espoir de rencontrer d’autres enfants et leurs mamans. Ils prenaient toujours le même chemin car les trottoirs étaient larges et protégés et il y avait peu de croisements dangereux. Ils passaient devant le petit supermarché, le café, la boucherie et là Thomas devait s’arrêter pour attendre Maman avant de traverser. Ensuite le magasin de chaussures, la boulangerie, la Poste, puis à gauche et là se trouvait la boutique préférée de Thomas : une belle vitrine éclairée et colorée avec de jolis meubles et de la décoration. Et sur le mur du fond du magasin, une énorme photo d’une belle dame – pas aussi belle que Maman mais Thomas aimait s’arrêter pour la regarder. Elle avait l’air si calme, si sereine, si jolie que cela soulageait sa peine.

Ce matin là Thomas était vraiment pressé de retrouver la belle dame ; il avait pleuré au petit déjeuner en pensant à son papa qui aurait beurré ses tartines et il hoquetait encore. Il prit de l’avance sur sa mère, pédalant aussi vite que ses petites jambes le lui permettaient. Il freina devant la boutique et leva les yeux : la belle dame avait les yeux fermés comme d’habitude mais un instant plus tard elle les ouvrit, lui fit un clin d’œil en souriant avant de les refermer.

Thomas ne dit rien à sa mère ; il avait trouvé une nouvelle copine tout seul, rien que pour lui. Il en trouverait d’autres à l’école la semaine prochaine. Il repartit à vélo, un petit sourire timide aux lèvres.

 

Jacqueline

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